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Un « Observatoire du communautarisme » entretient la confusion sur le communautarisme
Par Yves Lemarié, « Observatoire de la presse sur la Palestine »
Julien Landfried, directeur de l'Observatoire du communautarisme, répond au texte d'Yves Lemarié, du site www.presse-palestine.org. Ce texte est un point de vue extérieur à l'Observatoire du communautarisme. Il est publié dans la rubrique "Contradictions" qui est ouverte aux tribunes libres et aux critiques du travail et de la production de l'Observatoire.
(droits réservés)
Ce texte a été publié sur le site de l'« Observatoire de la presse sur la Palestine » : www.presse-palestine.org
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Un « Observatoire du communautarisme » entretient la confusion sur le communautarisme
Par Yves Lemarié, « Observatoire de la presse sur la Palestine »

Un « Observatoire du communautarisme » a été créé en juillet 2003 (lire). Il a pour ambition de « mettre en évidence, au-delà des idées reçues et des fausses bonnes intentions, jusqu'à quelles bêtises et aberrations le communautarisme peut mener notre pays » (lire).

Certains articles de cet Observatoire sont fort intéressants. Par exemple, un texte collectif d'Alain Finkielkraut et d'autres personnalités médiatiques publié dans le Monde du 30 décembre 2003 et abordant la position des français juifs sur le Proche-Orient y est analysé avec beaucoup de pertinence (lire).

Toutefois, un article de Frédérick Beck, co-fondateur de cet Observatoire (« Le PS territoire occupé », 23 avril 2004, lire) contient des affirmations qui conduisent à s'interroger sur la façon dont cet Observatoire appréhende la question clé du communautarisme.

Dans le chapeau de l'article, l'auteur écrit : « Quand les positions sur le conflit au Proche-Orient deviennent pour certains candidats une variable primordiale dans les choix d'investiture, voire un facteur central de lien ou de césure dans un parti politique français, c'est que ce dernier est devenu un « territoire occupé » par les côteries communautaires ». Le conflit israélo-palestinien n'étant pas un conflit communautaire mais un conflit politique, le fait qu'il constitue un facteur de césure dans un parti politique français signifie uniquement qu'il est considéré comme un thème important par certains membres de ce parti et non pas nécessairement qu'il y aurait là l'action de « côteries communautaires ». Frédérick Beck réalise-t-il qu'il fait une lecture communautaire d'un conflit politique ?

L'auteur affirme qu'« au fil aussi des communiqués du MRAP (…) se dégage un engagement proche de l'unilatéralisme en faveur de la Palestine ». Or, le concept d'unilatéralisme est, en soi, de peu d'utilité pour parler d'un conflit politique (faut-il, selon l'auteur, dans le cas de l'affrontement entre les Palestiniens et le gouvernement israélien être à la fois pour et contre l'occupation, pour et contre la colonisation, pour et contre la dépossession ?). Au contraire, une approche responsable consiste à être capable de prendre clairement position sur des principes et non pas de prendre systématiquement une position à mi-chemin entre les points de vue s'affrontant (par ailleurs, adopter une position à mi chemin entre deux points de vue incompatibles n'a pas grand sens). L'approche de Frédérick Beck exprime là encore une vision communautaire du conflit dans lequel, il faudrait, selon lui, approuver chaque partie (chaque « communauté ») pour éviter d'être taxé d'unilatéralisme.

Dans la conclusion de l'article, l'auteur attaque « les Frédérique Sprang » que le PS aurait « trop longtemps laissé s'épanouir ». Dans sa note de bas de page, il affirme que cette militante du Parti socialiste est « l'initiatrice de l'appel lancé le 15 décembre 2003 » (« Pour une Paix juste et durable au Proche-Orient ») et que « cette pétition très partiale en faveur de la Palestine, a provoqué une vive polémique ». En réalité, cette pétition mentionne les infractions du gouvernement israélien envers le droit international, et constater les infractions au droit n'est pas, en soi, polémique mais Frédérick Beck fait une fois de plus sa lecture communautaire au nom de laquelle, il ne faut jamais prendre parti [1].

Par ailleurs, pour traiter la question du communautarisme, cet Observatoire se réfère aux propos de Pierre-André Taguieff qui se pose volontiers comme spécialiste de l'étude de ce sujet (lire). Cet Observatoire affirme même que « le philosophe Pierre-André Taguieff poursuit son travail de clarification du concept de "communautarisme" » (lire). Or, Pierre-André Taguieff est lui-même la proie des démons du communautarisme comme l'illustre son célèbre pamphlet « La nouvelle judéophobie » (éditions mille et une nuits, 2002), ouvrage basé sur une succession d'amalgames (« antisionistes », « palestinophiles », « antijuifs », « israélophobes », etc.) reposant sur des généralisations fantaisistes, des insinuations et des « chaînes accusatoires du type marabout de ficelle » (expression de Denis Sieffert, p.85 « la guerre israélienne de l'information », éditions la découverte, 2002). La place et le temps manquant, nous nous contenterons de ne citer qu'un exemple à partir de cet ouvrage de Taguieff : « l'hypothèse peut être avancée que la vieille haine de soi est en train de se transformer, chez certains Juifs « de gauche » (mais surtout d'extrême-gauche), en haine de l'Etat, et plus particulièrement en haine de « l'Etat juif », qui a précisément mis fin à la haine de soi. » (note en p.43). Outre les excès de langage inadmissibles (les critiques des fondements idéologiques de « l'Etat juif » ne pouvant provenir, selon lui, que de la « haine »), Taguieff affirme que quand des « juifs » critiquent « l'Etat juif », c'est par « haine de soi » comme si l'origine ethnique des uns (les « juifs ») devait leur dicter une attitude déterminée à l'égard d'un système politique (« l'Etat juif »). De plus, si Taguieff s'était un minimum informé avant de lancer son « hypothèse », déjà invraisemblable sur le plan théorique, il aurait tenu compte de ce que certains juifs israéliens critiquent eux-mêmes le principe d'un « Etat juif », et il aurait aussi eu la possibilité de percevoir la profonde incohérence de son affirmation, non argumentée, selon laquelle l'Etat juif a « précisément mis fin à la haine de soi ». Concernant cet Observatoire du communautarisme, nous doutons de l'efficacité d'une démarche qui ambitionne de contrer le développement du communautarisme tout en citant en exemple un auteur aux réflexes issus du communautarisme.

Le succès du communautarisme et de ses aberrations repose sur la confusion. Or, cet Observatoire du communautarisme entretient lui-même la confusion sur ses principes (lecture communautaire d'un conflit politique, caution apportée à un intellectuel auteur d'un pamphlet reposant sur des amalgames et sur une lecture communautaire des positions politiques des uns et des autres).

Cet Observatoire du communautarisme admet qu'il « peut commettre des erreurs d'analyse » et « remercie(…) par avance les internautes qui voudront bien "nous mettre le nez dans nos erreurs"... ! » (lire). C'est pourquoi nous avons envoyé un message électronique le 15 mai 2004 expliquant nos interrogations. Alors que nous avons demandé de recourir à un débat par écrit, ce qui aurait permis de comprendre les approches des uns et des autres, nous n'avons obtenu qu'une conversation téléphonique confuse avec le directeur de l'Observatoire du communautarisme dont il n'est rien ressorti.

La confusion est donc maintenue.

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[1] La première version était encore plus agressive envers Frédérique Sprang. Frédérick Beck qualifiait la pétition de « très radicale, voire outrancière ». On s'étonne de trouver dans les propos d'un Observatoire ce genre d'attaque non argumentée. Suite à notre réaction du 15 mai, ce passage a été réécrit sans que quiconque ait pris la peine de nous en informer ni d'informer les lecteurs de cette modification.

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Réponse de Julien Landfried, directeur du site communautarisme.net :

1)En quoi le fait que le conflit israélo-palestinien soit de nature politique empêche qu'il ne soit le vecteur d'expressions d'organisations ou d'initiatives à coloration communautaire, y compris de gens qui ne font nullement partie des "communautés" censées s'exprimer dans le conflit ? Mystère...
(Yves Lemarié : "Le conflit israélo-palestinien n'étant pas un conflit communautaire mais un conflit politique, le fait qu'il constitue un facteur de césure dans un parti politique français signifie uniquement qu'il est considéré comme un thème important par certains membres de ce parti et non pas nécessairement qu'il y aurait là l'action de « côteries communautaires ».")

2)Le MRAP est engagé dans un soutien franc à la cause palestinienne, et ne s'en cache pas. Ce soutien est-il unilatéral sur le long terme et est-il critiquable ? C'est l'opinion de Frédéric Beck, et il est légitime que cette critique puisse s'exprimer.

3)Quelles critiques Yves Lemarié adresse-t-il aux deux textes du philosophe Pierre-André Taguieff hébergés sur le site communautarisme.net ?
Aucune critique directe, ce qui est tout de même un comble, la seule étant que Taguieff est l'auteur d'un ouvrage polémique intitulé La Nouvelle Judéophobie (Mille et Une Nuits, 2001). Cet ouvrage ne plaît pas à M. Lemarié, qui refuse toute légitimité à Taguieff sur le sujet du "communautarisme" sans véritablement exposer une critique solide de l'essai, "la place et le temps manquant". Mais dans une optique sérieuse du travail de l'Observatoire du communautarisme, n'était-il pas préférable de critiquer les textes de Taguieff consacré au communautarisme ?

4)Yves Lemarié clôt son texte en déplorant le manque de réaction de l'équipe de communautarisme.net à sa demande de débat. Nous lui avons pourtant proposé de publier son opinion dans la rubrique "contradictions", ne disposant que d'un temps limité en raison de nos obligations professionnelles, le site étant animé bénévolement, et à un rythme de production largement supérieur à celui de www.presse-palestine.org. Il n'était guère difficile de le comprendre.

2004-08-01

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