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Entretien du journal « Tant pis pour vous » avec Ghislain Allon, directeur de TFJ
Israël victime de désinformation dans les médias ? Est-il possible d'être juif sans être lié à Israël ? Ya-t-il vraiment une montée de l'antisémitisme en France ? Rencontre avec le directeur de la Télévision Française Juive (TFJ).
Ghislain Allon (par Thierry Lefébure, droits réservés)
Le site de Tant pis pour vous

Présentation de l'entretien par l'équipe de Tant pis pour vous :
De par la structure sociologique et culturelle de son équipe, la rédaction de Tant pis pour vous se targue d'être, en soi, une preuve supplémentaire que le communautarisme, non seulement ne règne pas encore totalement, mais surtout qu'il n'est pas l'aboutissement naturel d'un processus de décomposition observable dans la vie...comme dans les médias ! En fait, surtout dans les médias. Vivant les uns et les autres dans des quartiers populaires ou non, il ne nous a pas semblé que la haine de l'autre règnait au point qu'on nous dit médiatiquement...
Il nous a donc semblé évident d'aller, de numéro en numéro, à la rencontre d'un représentant communautaire. Représentant de préférence controversé, virulent, contesté même éventuellement au sein de sa propre communauté. D'abord pour éviter et à nos lecteurs et à nous-même le discours tout prêt du représentant officiel, rompu à la joute médiatique et semé de formules fédératrices et convenues.
Notre ambition : vérifier que le dialogue est toujours possible. Notre véritable ambition : restaurer le désaccord dans l'estime.

Le numéro 2 de Tant pis pour vous, dont la date de sortie en kiosques est prévue le 2 juin 2004, comportera un entretien avec le président de l'association Act Up Paris.

La rédaction de Tant pis pour vous :

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Reproduit avec l'autorisation du journal

Entretien réalisé par Karim Boukercha et Grégory Protche
Photo : Thierry Lefébure


Ghislain Allon (prononcez Allonne, ndlr). Doctorat de philosophie, et enseignement. Parallèlement, du journalisme, de la photographie… réalisateur et producteur de télévision. A beaucoup travaillé pour Arte et la Cinquième. 1996, avec le numérique, naissance du projet TFJ. Décembre 1997, TFJ est conventionnée par le CSA. Le projet ne voit le jour qu’en septembre 1999. G. Allon anime, en plus de ses fonctions à la tête de TFJ, l’émission quotidienne « Cosmopolite ».

Karim : À la base de cette initiative, il n’y a que vous ?
Ghislain Allon Au départ, le 16 juin 1996, il y avait : Jacques Attali, Samuel Pisar, Michèle Cotta, François Lanzanbert, Jean Stock… En fait, il y a eu une sorte de débandade, très rapide.

K : Due à quoi ?
Est-ce qu’il faut se signaler en tant que Juif ? “Vivons heureux, vivons cachés !” Est-ce que ça attise l’antisémitisme ?

Grégory : Télévision Française Juive. J’imagine que vous avez dû réfléchir sur l’ordre des lettres…
Le CSA me demandait d’être très défini, dans l’appellation. Le “Juif” devait être là. Et on a joué avec TF1, TFJ, TF6…(rire) Alors ça a choqué des gens dans la communauté, de mettre Française avant. On est français avant d’être juif. On était la seule chaîne indépendante. Et des grands groupes, et des institutions juives, des banques.

K : Ça coûte combien une chaîne indépendante ?
Beaucoup, maintenant, si vous travaillez quatre fois plus… Un satellite, qui coûte 2-3 millions de francs. Des magnétoscopes, qui coûtent 200 000 francs. Ma société, Karisma, avait son matériel. J’ai investi tout mon matériel dans TFJ. Tout mon catalogue de films. On avait aussi à l’époque un investisseur important. Dont je ne vous dirai pas le nom… qui s’est retiré depuis.

G : C’est peut-être évident pour vous, mais, de l’extérieur, ça ne l’est pas : le lien entre Judaïsme et Israël…
Le Judaïsme, quand on est juif on le sait, c’est lié à Israel. Forcément. En tant qu’entité abstraite, ou comme une réalité. Mais est-ce que “abstrait” veut dire quelque chose ? “L’an prochain à Jerusalem”, ça veut dire quelque chose. Quand on est juif, on le prononce tous les jours. Le Juif qui dirait “Israel est loin de ma pensée” ment. Le Judaïsme sans Israel, et Israel sans le Judaïsme, ça n’existe pas. Diaspora, c’est dispersion, par rapport à un point : Israel.

K : Il y a des jeunes qui sont venus vous proposer des projets, etc ?
Sans arrêt. Le problème, c’est que ça coûte de l’argent. Si on vient avec une bonne idée, sans le financement qui va derrière… On gêne beaucoup de gens. On n’a plus l’aide du CNC (Centre National du Cinéma, ndr). TFJ, c’est le mouton noir du PAF !

G : Pour une communauté réputée “solidaire”, organisée, avec des réseaux puissants, vous avez des problèmes financiers, vous êtes tricards au CNC !
L’équipe de départ pensait qu’il n’y aurait pas de problème financier. On était dans le préjugé ! (rire) La communauté juive en France est très désorganisée, pas si solidaire que ça… à part le téléspectateur. On arrive à vivre, pas grâce à M. de Rotschild… Les financiers juifs ne veulent pas s’annoncer sur la chaîne.

K : Pourtant, c’est pas un mystère qu’ils sont juifs ?
M. Afflelou m’a dit que si j’enlevais l’étoile et le J dans le sigle, il pourrait annoncer sur la chaîne… C’est la honte de soi. Moi, j’en suis resté à la seconde guerre mondiale. Quand on vit caché, on est traqué. Peut-être qu’on a envie d’être traqué… Je pense être au cœur du système juif, par les téléspectateurs, les gens qui appellent… Il y a une montée de l’antisémitisme terrible dans ce pays.

G : À Gare du Nord, à Belleville, je vois des gens en kippa, etc. J’ai pas du tout l’impression que ce soit aussi tendu que ça entre les communautés.
Moi, je reçois beaucoup de coups de fil de gens qui se sentent menacés. Il y a quand même des synagogues qui ont brûlé depuis trois ans dans ce pays. Des écoles. Des gens qui se font tabasser. Ça ne se voit pas. Ça se vit de l’intérieur. Il y a une fille qui a appelé ce matin. Chez Linas, une sandwicherie, elle a été refusée d’entrée. “On veut pas de VOUS ici. Vous faites trop de bruit. Dès qu’il y en a un, il y a tous les autres qui se ramènent…”

K : On lui a dit ce qu’on dit aux Arabes…
Sauf que maintenant c’est les Juifs.

K : C’est les Juifs et les Arabes.
Oui, c’est les Juifs et les Arabes. Sauf que maintenant, les deux communautés se trouvent confrontées. Alors, est-ce que c’est un jeu habile ? Si on s’estime français, avec la république comme bouclier, comme kippa, là vous êtes choqué. Si je partais, je ne laisserais pas des larmes derrière moi. Ça, c’est vachement dur. J’ai pas eu une éducation de la souffrance et de la persécution.

K : Pour vous, qui est l’Antisémite ? Vous parliez d’un jeu habile entre les communautés…
Il est évident que, de façon déclarée, c’est la communauté islamiste intégriste. Via le discours anti-israélien. Maintenant, est-ce que c’est manipulé, par derrière, je le crois… Il y a une habileté de l’extrême droite, qui fait un travail.

K : Dans les journaux, on associe jeunes de cité et antisémites. Beaucoup n’ont pas d’idée sur les Juifs. Ils s’en foutent. Idem du conflit israélo-palestinien.
Je ne pense pas que ce soit la masse de la communauté maghrébine. La théorie qui se dit est : ce sont les médias qui envenimeraient un conflit terrible. Quand on est juif, il y a une désinformation terrible.

K : Chaque fois qu’on parle des musulmans à la télé, ce sont des jeunes de cité débiles… Désinformation ?
Il y a un jeu pervers. Le résultat de l’aventure, c’est que les Juifs se trouvent en insécurité ici. Et pensent partir, mais où ?

G : Aller vivre en Israel, ça n’a pas l’air marrant…
Les gens se couchent français, et se réveillent apatrides. L’idée d’Israel fait son chemin.

G : Être pro-Palestinien ou sioniste, ici, ce sont des positions qui n’ont aucune des conséquences qu’elles peuvent avoir là-bas…
D’accord. Mais le lien est fait. Les Juifs ici sont accusés d’être solidaires d’Israel.

G : Est-ce qu’ils le sont, d’après vous ?
Ça veut dire quoi “solidaires” ? Une grande partie des Juifs de ce pays a de la famille en Israël. Accuser la légitimité d’un pays démocratique, sans guillemets, les accuser de soutenir ce qui se passe en Israel, c’est aberrant. Il y a une attaque médiatique.

G : Il y a plus de Juifs que d’Arabes dans les médias français…?
Il n’y a pas tellement de Juifs dans les médias. On les met en exergue, comme ça. Même un patron de presse juif n’a pas que des journalistes juifs. Les rédactions sont indépendantes. Les médias seraient tenus par les Juifs. Encore un préjugé ! Citez-moi le nombre de Juifs dans ce métier…

G : Je ne les reconnais pas ! (rires) Récemment, chez Ardisson, on a vu Élie Chouraqui venir indiquer à Ardisson les gens qu’il ne faut pas inviter… Moi, non-Juif, j’ai une impression de rappel à l’ordre ?
Si on veut faire monter l’audience, créer de la polémique, on peut jouer avec Dieudonné… Alors, qu’il sermonne Ardisson, à ce moment du débat, au cœur du sentiment juif dans ce pays, c’est nécessaire.

G : Est-il possible qu’un autre sentiment s’exprime ?
Bien sûr. Mais est-ce que vous trouvez normal qu’on parle autant du problème israélo-palestinien, du problème juif, chez Ardisson ? Si on ne parlait que des Bretons…

K : Faut inviter moins de Juifs aux émissions de télé !(rire) Je dialoguais récemment sur le site Feujworld. Gad Elmaleh avait refusé de prendre part au débat, chez Ardisson, entre l’avocat Goldanel et le mec de Mecca-Cola. Les gens avec qui je dialoguais l’accusent de ne pas les défendre…
Non, là, vous trahissez l’idée. L’idée, c’est que quand on attaque des Juifs et qu’il y a un Juif qui garde le silence… c’est qui ne dit mot consent. Mais je n’ai pas vu cette émission, on me l’a racontée.

K : Quand Debouze dit quelque chose à la télé, je ne me sens pas solidaire.
Oui, mais vous êtes sur un plateau, vous représentez théoriquement une fraction de la communauté… Puisqu’on joue les communautés, jouons-les !

K : Oui, mais avant tout, on est un individu. Ma communauté ne m’a jamais dicté mes actes.
Qui ne dit mot consent. À partir de là… c’est suspect. Surtout quand on l’interroge, et qu’il répond “Moi je ne pense rien”.

K : Il a dit qu’il ne voulait pas dire ce qu’il pense.
C’est à peu près pareil.

G : Si un Juif tient des propos indéfendables ?
Il faut l’attaquer. C’est quoi “indéfendable” ? Vous en verrez assez peu mener la polémique.

G : Cukierman ?
Cukierman… Bon… Il peut y avoir des maladresses. Il y a une sorte d’agacement.

G : Cukierman a le droit de dire ce qu’il ressent. Le problème est que chaque fois ça va l’engager beaucoup plus largement. Est-ce que vous engagez…
Il est évident que je parle en tant que Juif, en tant que télévision juive. Mais tous les Juifs ne sont pas d’accord.

G : En regardant TFJ, Ralph Pinto en particulier, on comprend que vous n’êtes pas en odeur de sainteté auprès de toutes les institutions juives…
Si on n’est pas d’accord avec l’axiome qu’il y a un malaise dans la communauté juive – vous l’avez un peu récusé… Mais comme rien ne bouge, Ralph Pinto se tourne vers les représentants de la communauté juive, vers l’État. Tout tourne autour des Juifs, petit groupe, réputé puissant, maléfique… L’Union Européenne dit qu’Israël est le pays le plus dangereux du monde (en fait, un sondage réalisé dans l’Union Européenne montrerait que pour 60% des Européens, Israël serait la principale cause de guerre au Moyen-Orient, ndlr) ! On parle de 12 millions d’habitants dans le monde ! Surtout après ce qui s’est passé, il y a à peine 60 ans.

Le numéro 1 de Tant pis pour vous
G : Lors du débat Sarkozy-Ramadan, Sarkozy a dit, au sujet du racisme, que ce qui concernait “le Juif”, “c’était pas pareil”… Est-ce que ce n’est pas problématique, pour vous, philosophe, dans la bouche d’un ministre de l’Intérieur, ce côté “exception” ?
Ce qui s’est passé, ici, il y a 60 ans n’est pas banal. Les souvenirs sont encore vivaces. Il est évident que des personnes traumatisées, on ne les traite pas de la même manière que les autres. Je suis d’accord avec Sarkozy.

G : Cela veut dire que viendra un temps où cette phrase ne sera plus vraie…
Attendez, mettre à l’index une communauté, l’accuser de tous les maux, c’est ni hier, ni avant-hier, ni demain. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui. Quand il y a eu des problèmes avec la communauté maghrébine, les Juifs ont été les premiers à défiler.

K : Mais vous, vous avez une théorie, sur pourquoi les gens ne vous aiment pas comme ça ?
Si vous distinguez quelqu’un d’une communauté, et que vous avez les médias pour vous, un matraquage… Les Juifs, c’est ce qu’il y a de plus facile à faire. Je ne pense pas qu’on n’aime pas les Juifs. Ça fait trois ans qu’on ne les aime pas.

G : Depuis des années, j’ai beaucoup entendu stigmatiser la France. Sur le fait qu’on aurait vendu beaucoup de Juifs durant la guerre, etc. Par rapport à l’Italie, l’Espagne, ou l’Allemagne, Léon Blum est premier ministre en 1936.
Il y a eu 76 000 Juifs déportés et tués. Blum a été traité de “sale Juif” à l’assemblée nationale. Les grands théoriciens du racisme viennent de ce pays. Il y a le livre de BHL, L’Idéologie Française, qu’il faudrait relire un peu. La France, moins, beaucoup, je ne sais pas. Aujourd’hui, la France joue une carte politique arabe un peu spécieuse et complexe. Et les Juifs sont pris dans un étau. Que la France soit viscéralement antisémite, je ne le pense pas. Il n’y aurait pas 600 000 Juifs ici.

K : Vous avez des chiffres d’audience ?
Environ 400 000 télespectateurs. Moitié Juifs, moitié non-Juifs. Parmi eux des musulmans, d’ailleurs. Il y a même des musulmans qui nous font des dons. Et, c’est amusant, le frère de Dominique de Villepin.

G : Vous, vous vivez de TFJ ?
Je suis bénévole. Il y a ici, en tout, trois salaires. Dont deux contrats de qualif’. Mais c’est très difficile…

G : Je vois, vous fumez du tabac à rouler ! (rires)
K : Les demandes de dons à l’antenne, c’est parce que votre situation est vraiment critique ?

Ce qui nous coûte le plus, c’est le satellite qui permet de rayonner sur l’Europe. Nous ne serions plus que sur Paris.

G : Je vous ai vu “pousser” Enrico Macias à vous soutenir…
Chacun est convaincu que la communauté aide largement TFJ. Enrico Macias était très étonné.

G : Vous diffusez les films de Mopsik, qui sont “difficiles”, théologiques, lents, etc. Ce n’est pas le moindre de vos héroïsmes.
C’est le devoir d’une télévision juive de diffuser tout ça.

G : Mais quand vous avez par téléphone le correspondant du Jerusalem Post, là, on retombe dans le temporel. J’ai du mal à trouver un vrai équilibre entre ce qui concerne Israel et le Judaïsme… d’autant que, là, c’est unilatéral.
Ouais… C’est un partenariat. Bon… On est en train de monter deux communautés l’une contre l’autre. Il y a un dialogue à faire…qui ne se fait pas. Mais c’est un journal distribué en France. Et en français.

G : Est-ce que vous avez déjà eu des procès, ou des rappels à l’ordre du CSA ?
Non.

G : On vous reproche aussi de souvent recevoir des gens comme Del Vallé ou Millières, qui sont…pas très pro-Arabes ?
Un mauvais procès, ça vient du MRAP, de Mouloud Aounit. Il faut trouver aussi des invités.

Thierry : Il s’est fait agresser, non, Mouloud Aounit ?
Oui, enfin, il s’est fait un peu cracher dessus… J’étais à cette soirée. Il a comparé Sharon à Ben Laden.

G : L’émission avec R. Pinto, elle ne déclenche rien ?
C’est l’émission la plus attendue. Mais jamais aucune réaction des instances. Ce qui est bien la preuve que tout ce qu’on raconte sur la solidarité juive, les réseaux, etc… J’aimerais bien ! J’attends la solidarité juive ! (rires) Il n’y a pas de lobby juif : je l’ai cherché partout ! (rires) Il y a une division.

G : C’est pas une preuve de bonne santé ?
Absolument. Mais, là, elle est vraiment en trop bonne santé ! (rires)

K : Considérant Dieudonné, vous pensez qu’on ne peut pas rire de tout ?
S’il n’y avait pas des écoles et des synagogues qui brûlent, ce serait juste du mauvais humour. Là, ça devient des mots d’ordre.

K : Personne ne s’est offusqué que chez Fogiel, Dieudonné ait présenté Debouze comme un “comique islamiste”. Vous pensez que les gens ont attendu Dieudonné, pour penser certaines choses ?
Je pense, oui. Il s’agit d’une campagne, et Dieudonné en rajoute. Si les mosquées brûlaient…

G : Il y a un cimetière musulman, à Thiais, qui a été profané. On nous a dit que c’était un déséquilibré… L’affaire n’a pas fait la une. Sarkozy n’y est pas allé.
Ah bon… ? Beaucoup d’actes anti-Juifs sont mis sur le dos de déséquilibrés.

G : Vous discuteriez avec Dieudonné sur TFJ ?
Non. Parce qu’il préparerait un numéro. Si c’était pour avoir une discussion réelle, de fond, sans déconnade…

G : Et avec un des nouveaux historiens israéliens, comme Warschavski ?
Oui… Éventuellement.

G : Dernièrement, sur TFJ, j’ai vu Pinto prendre ses distances avec les intellectuels juifs soutenant les accords de Genève…
Il y a tout un travail, cousu de fil blanc, pour disjoindre la diaspora et Israel. Ça devient dangereux. On n’est pas juifs pour rien depuis des milliers d’années !

G : Comment revendiquer l’hétérogénéité, et ne pas accepter de n’avoir pas tous la même vision sur ce sujet ?
Est-ce que les gens nous regardent pour voir qu’il y a des divisions dans la communauté ? Warschavski, son discours, va-t-il le moduler sur le plateau de TFJ ? C’est un signe de santé de montrer ces divisions, mais c’est très dangereux. L’idée, c’est qu’il faut continuer à être juif. On peut disparaître.

G : Est-ce que vous dissociez la dissolution de l’identité juive de l’existence d’Israel ?
Je dirais pas ça comme ça. Ça dépend comment se défait ou se fait le lien. L’identité juive en prendrait un sacré coup.

G : Vous l’envisagez, la disparition d’Israel ?
Non. Pas du tout. Je me refuse à la penser. C’est impensable. Je ne suis pas fou, et suicidaire, à ce point-là.


Et puis G.Allon nous a gentiment raccompagnés, dans sa BM “mythique” (rouillée, de couleur indéfinie, avec un pare-brise arrière en plastique…troué !). C’est bien la première fois qu’un interviewé nous traite aussi bien. Merci à lui.

2004-05-29

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