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Liberté de ton sur France 2
Par Sébastien Morange
L'émission Opinion Publique, animée par Thierry Ardisson, a été le cadre d'une grande liberté de ton lundi 1er mars avec un débat raffraîchissant : "Doit-on rire de tout?".
L'animateur Thierry Ardisson (droits réservés)
Bon point à France 2, et en particulier Thierry Ardisson, pour son émission de lundi 1er mars 2004 : Opinion Publique. Un des sujets notamment, sous-titré "Doit-on rire de tout?", faisait écho aux récents déboires de l'humoriste Dieudonné... dans une émission "amie" de France 3, qui ont depuis largement débordé le cadre médiatico-nombriliste de la télévision pour devenir la source de débats, en vrac : sur la liberté d'expression, la religion, le rire... et le communautarisme...

Alors que les médias, sous les pressions conjuguées de l'audience et de la manne publicitaire, ronronnent gentiment la plupart du temps, le ton employé à cette occasion revêtait un caractère inhabituel, qui pouvait surprendre, voire déranger le mode de pensée unique au milieu duquel nous vivons. Pourtant, le talk-show en question ne se déroulait pas en direct. Quand d'autres animateurs ou journalistes se targuent de ce "label rouge" pour vendre leurs émissions, soit-disant apportant ce je-ne-sais-quoi de liberté et d'improvisation, alors qu'elles sont en grande majorité "verrouillées" dès leur préparation, Thierry Ardisson, lui, a tenté surtout le regard décalé. Malgré sa réputation sulfureuse, dont entre-autre, celle de "monter" ses émissions à sa guise, force est de reconnaître qu'il a fait de réels efforts pour permettre de conserver un souffle, certes racoleur, d'originalité et de confrontation non-feinte entre les invités.

Vaste sujet donc, qui aurait mérité à lui seul l'émission entière. Pourtant, en peu de temps, le bateau a viré de bord l'espace d'une soirée. Ainsi, des discours indignés et dénonciateurs des bien-penseurs zélés et habitués des caméras, les téléspectateurs privilégiés ont pu assister aux interventions d'un panel de français "lambdas" et de personnalités habituellement peu présentes sur les plateaux. On a pu observer autour de la table: Alexandre Arcady, pourtant réalisateur quelque peu engagé sur des sujets aussi sensibles que l'intégration, considérant que la moquerie et l'impertinence semblent aussi honteux qu'un panaris au milieu du visage (mais alors.. de qui se moque-t-on !?). A ses côtés, Karl Zéro est resté un peu tétanisé depuis sa propre "affaire" Baudis/Allègre, mais néanmoins représentant de la provocation par l'humour. Bruno Gaccio, co-auteur des "Guignols de l'Info" de Canal+ est monté d'un cran, en prenant la défense de Dieudonné publiquement (il avait également soutenu l'humoriste en cause lors de la contre-soirée organisée suite à l'annulation du spectacle de celui-ci à l'Olympia, le 20 février dernier) mais en pointant un certain manque de lucidité et de subtilité. Quant à Guy Bedos, grande gueule par excellence, il intervenait en duplex de Nice mais cherchait avec un air embarrassé à minimiser prudemment la portée de l' "erreur" de Dieudonné. Le meilleur vint de Robert Ménard, président-fondateur de "Reporters Sans Frontières". Tel un Don Quichotte revenant à la charge à chaque occasion, il n'hésita pas à affronter sans distinction certaines communautés et associations, qu'elles soient juives, islamistes, gays, catholiques ou d'handicapés. Il en profita pour dénoncer l'amalgame qu'elles font souvent entre liberté d'expression, lobbying, inquisition ou expéditions punitives (censure, menaces) dont elles s'octroient les droits, au nom des minorités, plus tellement oppressées en ce siècle, mais littéralement oppressantes! Monsieur Ménard en sait quelque chose à ce sujet. En face, pour une fois, l'animateur privilégia la raison à l'émotion. Chacun put s'exprimer, sans rencontrer le regard et le doigt accusateur d'intervenants charismatiques aux coudées larges.

Il fût donc moins question de rire, que de s'interroger sur la perception de ce que chacun considère comme drôle par rapport à ses propres valeurs. Les humoristes ne doivent pas se réduire à de gentils amuseurs inoffensifs ne s'en prenant qu'aux travers et faiblesses des anonymes, qui eux accèdent rarement aux relais médiatiques pour répliquer. Certaines catégories sont pourtant peu épargnées: Belges, blondes et autres. Il faut croire qu'elles sont dotées de davantage d'esprit et de modestie, que de susceptibilité exacerbée de lobbies plus prompts à la condamnation qu'au pardon ou au dialogue. Les Français possèdent trop cet esprit frondeur ancré pour qu'on s'arroge le droit de les modeler à l'image des uns ou des autres . De trop rares "comiques", comme ce a quoi nous les réduisons souvent, franchissent salutairement la fameuse "ligne blanche" pour exprimer une vérité que personne n'ose, ou ne peut libérer de par sa position. Si parfois, on peut ressentir au fond ce petit pincement désagréable, ils agissent néanmoins comme un antidote à la bêtise et à l'individualisme. Ce statut particulier est d'ailleurs bien encadré par un jeu d'acteur et une mise en scène que tout à chacun comprend aisément, permettant les audaces les plus diverses, le rire salvateur, l'autodérision, soupape de sécurité d'un monde imparfait. C'était, pour une fois, le point de vue défendu. On aurait pu appeler ce moment hors de l'air du temps: "La minute de Monsieur Cyclopède". Etonnant, non ?

2004-03-05

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