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Le clonage, nouvel horizon du communautarisme homosexuel ?
Par M. Ferran
Les frustrations provoquées par la société de consommation et attisées par des médias complaisants, amènent à s’interroger sur la résistance qu’opposeront les gouvernements vis-à-vis de groupes de pression réclamant des lois qui pourraient aboutir à considérer des enfants comme de vulgaires objets de consommation.
(droits réservés)
Un discours, bien relayé par la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval (genevieve.delaisi.free.fr), par ailleurs membre du Comité Consultatif National d'Ethique (www.ccne-ethique.fr), et la juriste Marcela Iacub, en faveur de la possibilité nouvelle de produire de l’enfant hors sexe coïncide avec les revendications insistantes de l’Association des futurs Parents Gays et Lesbiens (APGL) (www.apgl.asso.fr), ce qui donne à craindre pour la recherche sur le traitement des vraies stérilités et l’avenir des femmes et de certains enfants.

1) Des manipulations basées sur un mensonge

A) Fausse stérilité :
Dans ses articles, Mme Delaisi de Parseval place les homosexuels parmi les couples stériles ce qui permet de les intégrer dans le discours porteur sur les discriminations et de réclamer des réparations : le droit à l’enfant est présenté comme un dû. Or, comme l’explique très bien M. Schneider dans son livre Big Mother (1) :
« L’homoparentalité tente, depuis l’espace public et symbolique, d’abolir l’engendrement. Pour ce faire, on place sur un pied d’égalité des situations de fait qui sont en elles-mêmes différentes. D’abord on compare des couples pouvant procréer et des couples ne le pouvant pas ; puis, on affirme qu’il faut mettre fin à l’injustice que l’on vient d’inventer ; et enfin, on veut modifier le fait à travers le droit. Ce n’est pas par accident anatomique que l’homosexualité exclut l’engendrement, mais par principe. (..) Les couples homosexuels, qu’on veuille l’oublier ou non, ont choisi - pour autant qu’on choisisse -, en tout cas assumé, une vie sexuelle sans possibilité d’enfants. Qu’ensuite ils souhaitent, par frustration non acceptée de la stérilité, mimétisme hystérique ou dérision de la famille, avoir à la fois le lien et les enfants que ce lien exclut est sans doute une contradiction douloureuse, mais que la société n’a pas à prendre en considération en tant que telle ».

B) Victimisation :
Dans Le nouvel ordre sexuel (Editions Bartillat, 2002), Christian Authier montrait à quel point derrière un discours de victimisation existe aussi un discours d’une violence inouïe envers l’humain. Il est symptomatique de voir que le prétexte d’une soi-disant « discrimination » de la procréation envers les homosexuels servirait à éliminer l’autre sexe !
D’ailleurs, Randy Wicker, homosexuel et fondateur de Clones Rights United front-Cloning now (www.clonerights.com), réclame le droit, en tant qu’homosexuel à avoir son clone. Il réclame la « reproduction sans compromis », c’est-à-dire « sans mélange des gènes entre hommes et femmes ». (Libération, 08/10/2002, à propos de « Demain les clones » diffusé sur Arte)

C) La présentation du clonage comme inéluctable :
Après avoir fait un rapprochement rassurant entre les jumeaux et les clones, Mme Delaisi de Parseval admet qu’il y a des différences fondamentales, que « l’espèce humaine se reproduit de manière sexuée et que cette sexuation nous a toujours semblé constituer le noyau dur, le garant de la différence des sexes et des générations » et que « Le clonage reproductif nous fait donc entrer dans l’ère de la reproduction non sexuée, c’est vrai. » (2)
Puis, elle nous laisse entendre que c’est inéluctable et nous démontre avec des arguments imparables que ce n’est pas si grave que cela !
« Les biologistes ont par ailleurs souligné que le clone animal n’est jamais exactement identique à l’animal cloné (le pelage, par exemple, est différent d’un animal à l’autre) »
Alors…... pourquoi se priver de faire des expériences sur l’humain ?
Lorsqu’elle évoque les « risques (très importants, semble t-il) » pour les enfants ; Mme Delaisi de Parseval dit qu’ils « seront peut-être un jour ainsi conçus »; pour ne pas effrayer ? Plus loin elle parle « de nuancer l’évaluation qu’il sera nécessaire de faire en fonction des cas de figure qui existeront ».

D) « Des nourrissons comme les autres » (G. Delaisi de Parseval, Libération 02/01/2003) :
Comme les raéliens, qui « promettent de donner des enfants aux célibataires et aux couples homos » (Libération, 12/07/2002), il s’agit d’orienter les pensées vers un nourrisson. Qui peut résister à la tendresse de cette évocation ? Pour faire oublier les problèmes inédits dans l’histoire de l’humanité qui seront imposés à ces enfants et la question ; pour quoi faire ?

2) La banalisation du clonage

A) « Un enfant clone n’aura jamais la même histoire que ses parents (…) Cet enfant se construira sans nul doute une autre « identité narrative » (Ricœur).. .. » (G. Delaisi de Parseval) (3) :
Qu’il est doux de se gargariser de bons mots pour faire accepter une remise en cause du principe d’humanité !
La marchandisation du corps humain est en cours. Comme le dit Rifkin :
« Le nouvel eugénisme n’est pas lié à une conspiration des forces du mal. Au contraire, il est sympathique, commercial et il obéit aux lois du marché. Il est banal » (Libération « le pire des mondes »).

B) Pour M. Iacub ce « n’est qu’une technique procréative de plus » (4) :
Le seul souci serait-il seulement le « problème d’une grande ressemblance avec quelqu’un » !
Que peut cacher cette réduction rassurante du clonage à une méthode de plus d’assistance médicale à la procréation (AMP) ?
Cela ne mènera-t-il pas à accepter progressivement le marché de la procréation comme une exigence « humaniste » ?
En lisant « main basse sur les vivants » de M. Vacquin (5), on peut douter que le combat contre la stérilité soit le vrai combat mené par ceux qui dédramatisent le clonage.
A mon grand désarroi, il y a eu abandon de la santé et de la fertilité des femmes (moitié de l’humanité) par la gauche plurielle qui par ses lois allait permettre, à terme, de donner des enfants, par adoption ou par des moyens techniques aux coûts énormes, à quelques activistes refusant de se mettre en état de procréer alors même qu’elle a refusé de rétablir le diplôme de gynécologie qui pouvait protéger les femmes des Maladies Sexuellement Transmissibles (MST), responsables de l’infertilité, par mesures d’économie. N’est-il pas inquiétant de voir un gouvernement s’occuper de modifier la procréation humaine et presque en secret ?

3) Poser de fausses questions pour détourner l’attention

« Mais serait-on prêt dès lors à refuser à un individu né par clonage le statut d’être humain ? » (M. Iacub (4))
Ce ne sont pas les enfants qui seraient inhumains mais les manipulations dont ils seraient issus : « En tant que citoyens, ne stigmatisons pas ces enfants, mais veillons à les accueillir dans la communauté des sujets humains » (Geneviève Delaisi de Parseval) (2)
La messe est dite ! : veillons à permettre les expériences sur l’enfant et opérons un renversement des responsabilités : ceux qui ne veulent pas que ces enfants soient utilisés à des fins mercantiles, comme réservoirs d’organes, sous humanité, objet de narcissisme… et qui se battent pour que ces situations délirantes ne soient pas possibles seront accusés de ne pas vouloir « accueillir » ces sujets d’expérience !
Ceux qui auront imposé cette situation se présenteront comme de bons samaritains ! Nouvelle morale civique qui nous serait bientôt servie dans les écoles et dans les médias ?
« Une autre manière d’aborder le problème aurait été de se demander si le clonage est une technique dangereuse pour la santé des individus à naître. De fait, nous n’avons sur ce sujet aucune certitude. (..) » (M. Iacub)
Une fois que le seul problème qu’ils ne peuvent cacher sera résolu, en apparence, les militants du clonage espèrent que cela permettra de faire oublier que l’humain est aussi un être avec un inconscient complexe qui a besoin d’être relié à une ascendance maternelle et une ascendance paternelle (même s’ils ne les estiment pas) pour s’inscrire dans la longue chaîne de l’humain, dans laquelle les deux sexes sont indispensables.

4) A quoi risquent de mener les dérives communautaires ?

Sachant que le clonage n’adviendrait pas spontanément, qu’il n’est pas inéluctable, il faut impérativement poser ces questions préalables :
-Le clonage est-il nécessaire à l’humanité ?
-Au profit de qui seraient faits les clones ? Pour quelles raisons ?
-Certains Hommes ne deviendraient-ils pas alors une marchandise dont l’origine serait entièrement contrôlée, maîtrisée, par quelques individus riches et influents ?
-Pourquoi ce rejet méprisant de la procréation sexuée et de la succession des générations qui donnent à l’Homme des racines humaines ? C’est l’Homme en tant que sujet que l’on élimine.
-La priorité ne serait-elle pas de développer la recherche sur les causes de stérilité, pollution y comprise, ce qui concernerait la population mondiale ?
« Les grands prophètes de la modernité (Huxley, Orwell) l’avaient clairement perçu, tous les totalitarismes veulent se rendre maîtres de la procréation, de l’amour, des liens qui déjouent précisément toute maîtrise. Dans chacun de leur monde « le trio de la différence » est aboli.
Pourquoi demander que la loi descelle l’alliance des sexes dans la parentalité ? »
(5)
Pour Marcela Iacub, c’est une vision extrême de l’individualisme libéral qui l’impose :
« En réalité, si on lit attentivement le projet, on se rendra compte qu’il ne cherche pas à protéger les individus d’un mal qui leur serait fait, mais une entité collective qui serait définie par la reproduction sexuelle. »
« (…) N’est-il pas inquiétant que l’état s’autorise à distribuer des peines aussi lourdes pour punir ce qui n’est après tout qu’une technique procréative, au détriment de toute prise en considération de l’intérêt des individus eux-mêmes ?
C’est ce qui conduit Mme Iacub à définir le clonage humain comme « un crime sans victime ».

5) En quoi le communautarisme peut s’avérer nuisible d’un point de vue humaniste

Avec la technique tout sera possible, il n’y aura pas de limite éthique si l’Homme n’en fixe pas pour se préserver, mais uniquement des limites d’imagination ou de moyens. Pourquoi des techniques permettraient-elles, sans débat, de légitimer des demandes qui veulent contourner la réalité : notre espèce est sexuée ?
Pour les zélateurs du clonage et de la procréation hors sexe (sans stérilité), tout est réduit à un problème technique, il n’est pas vraiment question de l’humain ou d’amour :
G. Delaisi de Parseval cite « La règle de Gabor que l’on peut résumer de la façon suivante : « Tout ce qui est techniquement réalisable doit être réalisé quoiqu’il en coûte moralement» (2). Elle inscrit ce mouvement dans la perspective des revendications homosexuelles : « Les gays et lesbiennes ont et font des enfants ; il faudra bien que la loi suive, tôt ou tard. » « Et techniquement ce n’est pas très compliqué ; il suffit de modifier une ligne du code civil afin de ne pas discriminer les parents homosexuels »
M. Iacub ne dit pas autre chose : « Ce n’est après tout qu’une technique procréative ».

Pour qui, pourquoi devrions-nous provoquer la fin de la différence des sexes et des générations ? Pour quelques cas cliniques atypiques ? Pour obéir, avec la complicité des législateurs, à la loi de l’offre et de la demande ?
« Essayons d’aller un peu plus loin en versant au débat quelques réflexions sur des cas cliniques qui portent sur des conceptions contemporaines plutôt atypiques …(y compris l’adoption, à laquelle tout le monde n’a pas accès, à commencer par les couples qui ne peuvent se marier pour des raisons diverses). D’où la prévisibilité annoncée du clonage reproductif pour lequel risque d’exister une offre médicale en même temps qu’une demande non négligeable de la part de parents potentiels » (G. Delaisi de Parseval) (2)

La loi est là pour dire que l’autre a besoin de l’altérité pour exister. Il faut donc détruire la loi ! Non seulement pour les intérêts de quelques uns mais en partant d’une imposture intellectuelle :
« Les articles du code civil sur l’adoption simple doivent aussi être aménagés. Il faut en finir avec la privation de droits liée à l’orientation sexuelle » (Noël Mamère, Libération, 25/03/2002).
Le code civil est-il modifiable par toute minorité agissante selon son bon vouloir ?
Si les homosexuels ont fait un enfant au cours d’une relation hétérosexuelle antérieure, il n’y a nul besoin d’y mêler la loi.
Il s’agit donc d’accommoder la loi pour des procréations hors sexe pour des personnes non stériles. (6)
De plus, seuls des riches pourraient se cloner ! Quel type de société défendent ces communautés ?
- La rencontre du capitalisme avec les nouveaux désirs de procréation hors sexe des futurs parents gay et lesbien (minorité dans une minorité mais ayant les moyens) et les prouesses des nouvelles technologies n’est-elle pas en train de modeler un nouvel Homme ?
Cela étant devenu pensable par la tentative de criminalisation des propos tenus pour homophobes par les intéressés eux-mêmes, ce qui permettrait d'annuler toute critique ou questionnement. Les homosexuels qui ne veulent pas être enrôlés dans ces délires seront-ils condamnés comme homophobes ?
L’exigence d’obtenir des enfants en contournant la sexualité ne peut mener qu’à demander à la société de « produire de l’enfant » pour l’adoption ou la procréation hors sexe.


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(1)M. Schneider, Big Mother, O. Jacob.
(2)"Des nourrissons comme les autres" (genevieve.delaisi.free.fr/pages/clonage.html), G. Delaisi de Parseval, Libération, 02/01/2003.
(3)« Le nouveau désir gay », G. Delaisi de Parseval, Libération, 23/03/2002.
« Il suffit d’un pot de confiture et d’une seringue pour faire un enfant. L’homme éjacule dans le bocal, donne la seringue à la femme qui l’introduit dans l’intimité de son corps .C’est ainsi que Julien est devenu père, grâce à Nathalie, la compagne de Sophie. »
Aucun problème : « Cet enfant se construira sans nul doute une autre « identité narrative » !!! Il n’aura qu’à imaginer qu’un peu de désir est passé entre la seringue et le pot de confiture ! Tout plutôt qu’une procréation naturelle ?
S’il suffit d’un pot de confiture et d’une seringue, pourquoi vouloir détruire dans la loi toute la symbolique humaine et l’altérité ?
(4)Libération, Marcela Iacub, 04/11/2003.
(5) M.Vacquin, « Main basse sur les vivants », Fayard.
(6)« …Je m’engage à tout mettre en œuvre pour qu’il soit exclu d’alléguer de l’orientation sexuelle pour refuser un agrément en matière d’accueil ou d’adoption, pour que l’accès à la procréation médicalement assistée soit autorisé aux couples pacsés de lesbiennes, pour qu’un couple pacsé de gays ou de lesbiennes, présentant de bonnes conditions d’accueil pour un enfant puisse adopter. » Noël Mamère, Libération, 25/03/02.

2004-01-04

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