Un essai de Julien Landfried, éd. Armand Colin, 196 pages, 18 euros, mars 2007
Revue de presse
Recension par Pierre Cassen, 11 mai 2007, lettre n°536.
Contre le communautarisme, de Julien Landfried, Editions Armand Colin
L'auteur de ce livre anime le site www.communautarisme.net depuis 2003. Tout au long de cet ouvrage, il signale, comme sur son site, la remise en cause de plus en plus forte des principes égalitaires de la République, et d'une France unie sur des bases universalistes. Les coupables ? D'abord les responsables politiques de ces vingt-cinq dernières années, qui n'ont cessé, par veulerie, par crainte d'affronter le politiquement correct, par calcul clientéliste, de reculer et d'accorder des droits particuliers à ceux qui, professionnels de l'identité, comme les appelle l'auteur, ont multiplié des revendications spécifiques contraires à l'égalité des droits.
Julien Landfried explique, tout au long de cet ouvrage, que ces représentants auto-proclamés de communautés soi-disant homogènes ne représentent bien souvent qu'une faible minorité.
Il démontre sans peine que l'UOIF ne met pas plus de vingt mille personnes, tous les ans au Bourget, ce qui est ridicule par rapport à la population musulmane. Le Crif, dont il critique durement par ailleurs le fait qu'il agit souvent en France comme le relais de la politique d'Israël, et déplore que les ministres n'osent pas boycotter les repas auxquels ils sont conviés, ne représentente, selon l'auteur, qu'à peine un sixième de la population juive.
Act-Up ne compte que cent cinquante militants, et ceux qui réclament, dans les milieux homos, le mariage et l'adoption ne représentent pas la réalité de cette population. Les autonomistes corses peinent, aux journées internationales de Corte, à mettre plus de cinq cents personnes dans la salle. Même phénomène très minoritaire pour les ethnonationalistes basques, occitans ou bretons, dont les relations passées et présentes avec l'extrême droite sont soulignées.
La nocivité de la charte des langues régionales, votée par le Parlement européen en 1999, mais pas encore ratifiée par la France, est fort bien démontrée.
L'auteur, dans cet ouvrage, dénonce la fuite en avant du discours victimaire, notamment celui des Indigènes de la République. Il montre le danger, soulevé par de nombreux historiens, de la multiplication de certaines lois mémorielles, de la loi Gayssot à celle du 23 février 2005 (colonialisme), en passant par la loi Taubira sur l'esclavage, sans oublier les tergiversations législatives autour du génocide arménien.
Il explique fort bien les enjeux de la discrimination positive, et combien son application sur des bases ethniques serait mortelle pour le modèle républicain français. Il en profite pour contester la loi sur la parité, qu'il considère comme une première application de la discrimination positive, qui n'a rien changé sur le fond au fonctionnement des partis politiques, excluant toujours de la vie politique hommes et femmes issus du monde ouvrier, par exemple.
A ceux qui disent que la République est raciste, il oppose, sans nier des discriminations sociales, le nombre de mariages mixtes en France à la très faible existence de mariages entre Blancs et noirs aux Etats-Unis.
Il démontre fort bien, tout au long de cet ouvrage, toute la différence qui oppose le modèle français et le modèle américain, et montre que les adversaires différentialistes de la République s'appuient souvent sur les principes du modèle outre-atlantique.
Ce livre, dont on peut ne pas partager intégralement certains passages, est une richesse pour le combat que tous les républicains entendent mener contre la montée du communautarisme et pour les valeurs égalitaires, en France, surtout après l'élection de Nicolas Sarkozy.
A la conclusion, l'auteur en appelle à un nouveau 4 août, afin d'abroger les privilèges obtenus sous la pression de professionnels de l'identité qui veulent nous construire une France des ethnies contraire à une République universelle de l'égalité et du vivre ensemble.
A offrir à vos amis.
Voir sur le site de Respublica
L'auteur de ce livre anime le site www.communautarisme.net depuis 2003. Tout au long de cet ouvrage, il signale, comme sur son site, la remise en cause de plus en plus forte des principes égalitaires de la République, et d'une France unie sur des bases universalistes. Les coupables ? D'abord les responsables politiques de ces vingt-cinq dernières années, qui n'ont cessé, par veulerie, par crainte d'affronter le politiquement correct, par calcul clientéliste, de reculer et d'accorder des droits particuliers à ceux qui, professionnels de l'identité, comme les appelle l'auteur, ont multiplié des revendications spécifiques contraires à l'égalité des droits.
Julien Landfried explique, tout au long de cet ouvrage, que ces représentants auto-proclamés de communautés soi-disant homogènes ne représentent bien souvent qu'une faible minorité.
Il démontre sans peine que l'UOIF ne met pas plus de vingt mille personnes, tous les ans au Bourget, ce qui est ridicule par rapport à la population musulmane. Le Crif, dont il critique durement par ailleurs le fait qu'il agit souvent en France comme le relais de la politique d'Israël, et déplore que les ministres n'osent pas boycotter les repas auxquels ils sont conviés, ne représentente, selon l'auteur, qu'à peine un sixième de la population juive.
Act-Up ne compte que cent cinquante militants, et ceux qui réclament, dans les milieux homos, le mariage et l'adoption ne représentent pas la réalité de cette population. Les autonomistes corses peinent, aux journées internationales de Corte, à mettre plus de cinq cents personnes dans la salle. Même phénomène très minoritaire pour les ethnonationalistes basques, occitans ou bretons, dont les relations passées et présentes avec l'extrême droite sont soulignées.
La nocivité de la charte des langues régionales, votée par le Parlement européen en 1999, mais pas encore ratifiée par la France, est fort bien démontrée.
L'auteur, dans cet ouvrage, dénonce la fuite en avant du discours victimaire, notamment celui des Indigènes de la République. Il montre le danger, soulevé par de nombreux historiens, de la multiplication de certaines lois mémorielles, de la loi Gayssot à celle du 23 février 2005 (colonialisme), en passant par la loi Taubira sur l'esclavage, sans oublier les tergiversations législatives autour du génocide arménien.
Il explique fort bien les enjeux de la discrimination positive, et combien son application sur des bases ethniques serait mortelle pour le modèle républicain français. Il en profite pour contester la loi sur la parité, qu'il considère comme une première application de la discrimination positive, qui n'a rien changé sur le fond au fonctionnement des partis politiques, excluant toujours de la vie politique hommes et femmes issus du monde ouvrier, par exemple.
A ceux qui disent que la République est raciste, il oppose, sans nier des discriminations sociales, le nombre de mariages mixtes en France à la très faible existence de mariages entre Blancs et noirs aux Etats-Unis.
Il démontre fort bien, tout au long de cet ouvrage, toute la différence qui oppose le modèle français et le modèle américain, et montre que les adversaires différentialistes de la République s'appuient souvent sur les principes du modèle outre-atlantique.
Ce livre, dont on peut ne pas partager intégralement certains passages, est une richesse pour le combat que tous les républicains entendent mener contre la montée du communautarisme et pour les valeurs égalitaires, en France, surtout après l'élection de Nicolas Sarkozy.
A la conclusion, l'auteur en appelle à un nouveau 4 août, afin d'abroger les privilèges obtenus sous la pression de professionnels de l'identité qui veulent nous construire une France des ethnies contraire à une République universelle de l'égalité et du vivre ensemble.
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Rédigé par Julien Landfried le Vendredi 11 Mai 2007 à 09:09
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